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Histoire de la Salsa
Ce que l’on appelle la "Salsa" - "sauce" en espagnol - est un terme aussi large que "jazz" ou "Rock".
Difficile à définir et sujet à controverses, la « salsa » est beaucoup plus qu'un genre musical, une fusion ou un style. Elle est composée de nombreuses influences musicales et rythmiques.
Elle est le produit miraculeux de mélanges et de métissages incessants.
Son histoire débute ainsi, il y a longtemps …
Au 16ème siècle sur l’ile de Cuba:
Les espagnols découvrent le continent sud américain et les iles des caraïbes. Ils conquièrent puis colonisent ces nouvelles terres incroyablement riches en métaux précieux. Ils entreprennent de vider ces nouvelles terres de leurs richesses. Pour commercer à moindre coût avec le monde occidental, les "envahisseurs" importent massivement des esclaves noirs africains. La tradition espagnole, festive, porte un grand amour à la musique et à la danse et son répertoire est déjà le fruit de nombreuses influences musicales – arabes, gitanes, nordiques, indiennes, juives-. Cette origine Latino (espagnole) avec mélodies et guitares, constitue la première racine de la Salsa.
La musique et la danse, pour des raisons liées au culte, sont aussi prépondérantes dans la culture noire africaine. Avec leurs rythmes Vaudou et leurs percussions (tambours...), ils sont à l'origine de la seconde racine de la Salsa (son côté rythme et transe)
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La première fusion musicale se situe donc dès la rencontre de ces deux cultures. De cette fusion naîtront par exemple :
- les "Guajiras" (chansons de la population hispanique),
- la "Rumba afro-cubaine"
- le "Danzon", la "Danza" et le "son", Ã prononcer "sonne" (danses populaires cubaines).
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Les esclaves noirs qui travaillent dans les docks se mettent à battre la mesure en tapant deux chevilles de bois l'une contre l'autre -las clavijas en espagnol- cela marque le début de l'utilisation de la "clave" dans la musique cubaine. La clave fait depuis partie intégrante des musiques cubaines et de la « salsa ».
Au 18ème siècle:
Les contredanses françaises, directement importées de la cour de Versailles par les réfugiés de la révolution française apportent leur contribution.
En effet, la posture des corps, la tenue et le placement des bras, issus des danses de cours se retrouvent dans de nombreuses danses cubaines et maintenant dans la salsa - bras droit de l’homme dans le dos de la femme, sa main main gauche qui soutient celle de sa partenaire avec pour but de diriger la danse dans l’espace -.
Ces musiques, nées de la tradition accompagnent les cubains et se diffusent aux Iles des Caraibes et à l'Amérique Latine. Les styles musicaux d’Amérique du Nord, d’Europe et des Caraïbe ne cessent d'échanger des informations et des influences mutuelles pendant des siècles.
Au cours du 20ème siècle, ces influences se précisent. En particulier, avec le jazz nord américain et la musique cubaine qui fusionnent intimement pour donner la Salsa actuelle.
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A partir des années 1920:
Cuba devient le night-club de la Caraïbe. Les plages, les casinos, les dancings ne désemplissent pas. De nombreux musiciens nord américains viennent jouer dans les dancings de la Havane. Les musiques traditionnelles cubaines donnent naissance à de nouveaux genres musicaux. Le fox-trot, le charleston et les claquettes, venus des USA, envahissent les dancings cubains. Les orchestres utilisent les instruments des musiciens de Jazz pour interpréter de la musique traditionnelle cubaine. Les danseurs se mettent à danser le « son » traditionnel différemment, sur le premier temps de la musique, avec des tours plus nombreux et plus complexes. Cette nouvelle danse née dans les casinos, les Cubains l’appelle tout simplement « danse Casino » - c'est aujourd'hui la "salsa cubaine"-.
Les cubain exportent et commercialisent leur musique sur les marchés extérieurs.
Dans le même temps, les USA subissent la prohibition – 1920 à 1933- et le retrait dans tous les grands dancings des licences de vente d’alcool. De nombreux dancings ferment. Le public abandonne Broadway et se met à fréquenter les petits clubs retirés, dont beaucoup sont des clubs latinos. Les musiques cubaines et portoricaines commencent à se propager à New York et à travers les USA. Mélées au jazz, elles donnent naissance à des formes musicales telles que : le latin jazz, le latin rock, le latin fusion…
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Au début des années 50:
La prohibition est loin. La deuxième guerre est terminée depuis peu. Les dancings redeviennent le centre de la vie nocturne New Yorkaise. On y danse principalement le jazz. Cependant le jazz perd peu à peu sa fonction de faire danser. Il devient une musique de concert plus "élitiste". De nombreux salons de danses se vident et se retrouvent en difficulté. Pour éviter la faillite, le promoteur de la célèbre salle "Palladium" de Broadway à l'intuition de faire de la musique latine un nouveau moteur pour relancer la vie nocturne.
Dans le même temps, la fièvre "mambo" déferle dans la communauté latino de New York. Puis elle s'étend à Cuba et à l'amérique latine.
Le mambo n'est pas une danse née du peuple mais le produit de danseurs de cabaret et se rapproche des danses stéréotypées américaines au niveau des pas. C'est aussi un genre musical différent. Il utilise des éléments de Jazz dans ses compositions : un rythme et une structure de "Guanguanco", une orchestration de "charanga" dans laquelle les violons sont remplacés par une section de cuivres, la présence du "soneo", et une thématique "afro-caribénne". Le mambo et les danses latines remplacent alors le jazz dans les dancings.C’est un succès immédiat. Les célèbres musiciens, Tito Puente et Tito Rodriguez se disputent le titre de "roi du mambo"et rivalisent musicalement durant toute une décennie à coup d’arrangements de jazz de plus en plus complexes et audacieux..Ils ne perdent pas de vue que le mambo est avant tout fait pour faire danser.
A Cuba on fait la distinction entre danser le "son", le "casino", la "rumba" et danser le "mambo".
Toujours pas question d'appeler une danse "salsa" à cette époque.
1959, Fidèl Castro arrive au pouvoir:
Les USA déclarent l’embargo et gèlent les échanges commerciaux. La musique cubaine ne s’exporte plus, l’influence culturelle du pays est fortement réduite. De nombreux artistes et musiciens, opposants au régime castriste, s’exilent à New York sur l’ile de Manhattan. Ils créent une communauté latino regroupée dans le « Spanish Harlem » -connu sous le nom de « El Barrio »-
Début des années 1960
A New-York, des clubs purement latinos voient le jour. Leur musique identitaire est ignorée des producteurs, elle reste communautaire et entre dans une période noire.
En pleine crise des musiques latines, le rock et la pop musique occupent le terrain. Les maisons de disques nord américaines censurent la musique latine a cause des tensions politiques entre les USA et Cuba.
Afin de tenter de récupérer une audience en berne, les orchestres latinos se tournent vers la soul music, la pop, le rythm&blues. Ils mélangent une fois encore les genres et expérimentent de nouveaux accords sur les rythmes cubains.
Cette nouvelle étape amène les sonorités à évoluer un peu plus vers la musique "afro-caribéenne" pour finalement s’appeler « salsa » au début des années 1970.
C’est surtout à la maison de disques Fania Records que l’on doit l’étiquette « salsa » car elle cherche à relancer les artistes latinos dont la musique est de moins en moins diffusée.
Fania Records regroupe les meilleurs artistes du moment sous le nom d'orchestre "Fania All Stars" et organise en grand concert de promotion au club Cheetak-New York. Elle intègre sous la dénomination de "Salsa" tous les genres musicaux provenant de Cuba, de Porto Rico, de République Dominicaine, de Colombie.....
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En 1975:
Un autre concert de la "Fania All Stars" donne naissance à un film intitulé « Salsa ».
C'est à partir de cette date que le terme « salsa » est officialisé. Cette musique et cette danse donnent lieu à un engouement sans pareil et son succès est inespéré
Les grands artistes de l'époque sont : Ray Barretto, Willie Colon, Larry Harlow , Johhny Pacheco, Hector Lavoe, Ismael Miranda , Pete Rodriguez, Roberto Rodriguez , Yomo Toro, Orestes Vilato , Richie Ray … etc.
Après un "passage à vide" dans les années 1980, la salsa connait aujourd'hui et depuis la diffusion du film "buena vista social club" un "revivol" international. Elle est dansée aux quatre coins de la planète par des milliers de passionnés.
C'est une musique et une danse aussi vivante aujourd'hui qu'à ses débuts.
Parce que ses racines sont multiples et qu’elle porte en elle un peu des origines de chacun,
Parce qu’elle sait se mêler aux nouveaux genres musicaux –aujourd’hui le Hip-Hop- pour toujours se réinventer et nous plaire.
Nous allons la danser et en profiter encore longtemps….
« Y AHORA A GOZAAAAAAAAAR………….. »
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